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Ispahan fut la capitale de la Perse sous le règne Chah Abbas (1587-1629) qui donna à cette ville un renom exceptionnel. Des ateliers royaux constitués à cette époque ont facilité la production de pièces considérées comme des chefs-d'œuvre inestimables de l'âge d'or du tapis (XVIe -début XVIIIe siècle). L'invasion d'Ispahan par les hordes afghanes au début du XVIII siècle a considérablement affaibli la procuction qui ne se releva véritablement qu'au début de ce siècle. Sans comparaison avec les pièces anciennes si prestigieuses, la production actuelle reste toutefois de très bonne qualité. Les Ispahans au décor souvent floral encadré par de larges bordures, sont finement réalisés avec des matières précieuses (soie, fils d'or et d'argent).Un ornement de rosettes et palmettes reliées par de charmantes branches fleuries débordant d'un vase est une autre composition courante. De plus, les souverains des époques anciennes et contemporaines ont désiré voir leur portrait figurer sur les tapis de cette ville.Ces pièces comportant des personnages peuvent représenter également des scènes glorieuses de chasse. Les Ispahans sont de couleurs très variées. Cependant, on retrouve toujours les dominantes du bleu royal, bleu nuit, crème et rouge foncé. L'harmonie des couleurs sombres et claires est douce et agréable, mais de moins en moins respectée depuis 1970. La finesse incontestée de ces ouvrages fait encore dire de nos jours : « des yeux s'y perdent ! ». La densité moyenne est de 800 000 à 1 million de nœuds au m2. La présence de gamines à l'entrée des ateliers est une affaire commerciale, source d'imagination et de lamentation inépuisable pour les touristes. Cette légende est soigneusement entretenue par tous. Les ouvrières les moins âgées sont en fait des jeunes filles de 18 ans. Pour les Persans, les tapis d'Ispahan signés ont une valeur supérieure. Ils sont appelés : Ispahan-Sarafi.La signature des artisans se trouve généralement à l'extérieur du champ du tapis, exception faite pour certaines pièces anciennes, ce qui dénote un certain humour de la part des fabricants désireux de se singulariser.
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