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Kirman, du nom du plateau désertique au sud-est de l'Iran, a été et reste par sa difficulté d'accès une région isolée. Malgré beaucoup d'obstacles qui ne permettaient pas un grand développement de cette ville, Kirman a su aux cours des siècles façonner une méthode de travaille fournissant une production remarquable de tapis. Il en a été de même en ce qui concerne le village voisin : Ravar (déformé en « Kirman-laver »). L'habileté des artisans de cette contrée a donné aux motifs d'une extrême complexité, une incroyable netteté. Les Kirmans ont ainsi gagné une très grande notoriété auprès du public persan et occidental. Les pièces sont de grandes tailles. Le décor, essentiellement floral, peut être représenté dans un medaillon ou une niche de prière. Il est riche en ornements : bouquets de fleurs, arbres, feuillages, vases, oiseaux qui se dispersent sur un fond généralement pastel et dans des tons fondus. Sous l'influence d'une demande occidentale croissante, Kirman a adopté dans les années des desssins d'inspiration française. Il s'agit de médaillons de roses dont le fond est très dépouillé et d'une seule couleur intense. Kirman est à l'origine d'une technique assez spécifique et reprise dans certains centres de production : le double passage du fil de trame (lequel a même longtemps été triple). Le velours coupé assez ras a gagné au cours des années une hauteur moyenne. Les matériaux utilisés (laine moelleuse et soyeuse, teintures aux colorants naturels variés) étaient d'une rare qualité jusque dans les années 1950, période à laquelle la production a lentement décliné au profit d'une ville voisine : Yezd. Nombreux sont les tapis qui aujourd'hui fabriqués à Yezd s'inspirent directement des modèles de Kirman et, vendus comme tels, sont d'une qualité médiocre. La fabrication à Kirman, pratiquement inexistante, n'exclut pas la possibilité de trouver encore de nos jours de très belles pièces.
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