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Au début du XXe siècle s'est écroulé l'empire ottoman ; à cette époque s'est développé l'interêt pour la production persane, mais, jusqu'alors, la fabrication turque avait bénéficié d'une grande estime auprès du public occidental. La beauté des pièces éveillait une curiosité hors du commun pour l'art musulman. Sans doute, les occidentaux étaient-ils attirés par cette touche d'exotisme que présentait l'originalité de ces tapis. Toute reproduction d'être vivant étant interdite par la religion sunnite, seules des formes géométriques, niches de prière, fleurs et arbres stylilsés apparaissent dans l'ornementation. Il est rare de trouver une décoration au motif unique et répétitif, le tempérament turc aimant découvrir le trait resté inconnu parmi la multitude de ceux qui lui sont proposés. A la recherche de nouvelles formes, l'influence de la production persane se reconnaît à partir du XVIe siècle avec l'utilisation du médaillon central, de courbes, rosettes, palmettes, etc. Les teintes ont toujours été très vives, les plus courantes étant le rouge, le violet, le vert, le jaune. Mais, de plus en plus, l'habitude de les laver chimiquement, ce qui atténue les couleurs, favorise leur commercialisation (Yayali, Kars). Principalement œuvres de nomades, ces tapis sont aujourd'hui pour la plupart fabriqués dans des coopératives ou des manufactures d'Etat (les plus importantes se trouvent sur le littoral occidental de la Turquie). Les coopératives réunissent plusieurs villages et la production organisée et orientée par l'Etat reste pourtant individuelle.A l'opposé, dans les manufactures, la production est dictée par une personne à des dizaines d'ouvriers qui reproduisent le même exemplaire. Les tapis turcs sont généralement exécutés en laine sauf pour certains exemplaires où trame et chaîne peuvent être en coton. Le nœud turc (ou ghiordés) est de rigueur pour un nouage d'une densité moyenne de 100 000 points au m2.Il est, par sa structure, plus solide que le nœud persan mais ne permet pas d'obtenir une grande finesse des décors. Dans l'ensemble, la production turque est bon marché (en raison du prix de revient de la main d'œuvre) pour une qualité qui reste correcte, même si celle-ci n'a jamais regagné la place qu'elle occupait avant la première guerre mondiale. Ces dernières années, le marché s'est largement ouvert aux touristes, explication première de la baisse générale de qualité, et donc du prix. Le tapis turc est considéré actuellement comme un tapis d'usage courant. Le tapis turc vieillit de plus en plus mal, en raison de son velours fragile d'une durée de vie de 5 à 10 ans. Les productions les plus prisées sont celles de Cappadoce, de Kars, de Mélas, et de Koula.
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